Podcast « Optimiser l’emballage » – Episode 2 : Protéger durablement et équitablement

Les enjeux de durabilité dans la logistique et le transport

16 min lecture Publié le 24 juin 2026

Podcast « Optimiser l’emballage » – Episode 2 : Protéger durablement et équitablement

Dans ce deuxième épisode du podcast Optimiser l’emballage, nous nous intéressons aux enjeux de durabilité dans la logistique et le transport.

Comment concilier protection des marchandises et réduction des ressources utilisées ? Comment adapter les emballages aux contraintes du transport international ? Quels leviers permettent de favoriser le réemploi, le recyclage et l’économie circulaire ?

Laurène : Bonjour à toutes, bonjour à tous. Nous nous retrouvons pour le second épisode de notre saison sponsorisée par Raja autour de l’emballage. Je suis aujourd’hui à Paris, au siège de Mail Boxes Etc. Avec Michel Duquesne, responsable des opérations. Bonjour, Michel.

Michel : Bonjour, Laurène.

Laurène : Avant qu’on rentre dans le vif du sujet, est-ce que vous pourriez nous présenter rapidement l’entreprise et ses activités ?

Michel : Oui, avec plaisir. MBE est un réseau de franchises internationales avec plus de 1700 centres répartis dans 45 pays et dont plus de 100 en France. On accompagne aujourd’hui les particuliers mais surtout les TPE et les PME en leur offrant des solutions logistiques complètes et surtout personnalisées sur l’expédition de marchandises via un choix de six partenaires transporteurs avec lesquels on travaille ainsi que, bien entendu, des services d’emballage sur mesure.

Laurène : Justement l’emballage aujourd’hui, c’est l’objet de notre entretien. C’est un sujet qui est clé notamment sur des volets qualité, durabilité sur les expéditions. Nous on va faire un petit focus sur la durabilité. Quelles sont les attentes de vos clients ? Est-ce qu’elles ont évolué aujourd’hui ? Qu’est-ce qu’ils attendent de vous sur ce sujet-là ?

Michel : Elles ont évolué oui et non. Sur la durabilité de l’emballage, donc j’ai dit on officie dans la logistique. Aujourd’hui, on exporte en France, en Europe et à l’international et en fonction de la destination, on va voir beaucoup de manipulations des colis. Notre objectif premier, en fait on a deux objectifs. Le premier objectif pour nos clients c’est que déjà le colis arrive chez eux, c’est déjà une bonne chose et ensuite qu’il arrive en bon état et donc ça c’est aussi la chose qui est très importante.

Et dans le processus d’expédition il y a environ, lorsqu’on expédie à l’international, environ dix manipulations. Entre le livreur qui va récupérer dans notre centre, qui va ensuite dans son centre logistique régional puis national. Si ça part en Europe ça va être un centre logistique européen et en tout ça fait dix manipulations et on sait en plus qu’on a la chance d’avoir un métier dans lequel l’humain est là. C’est à dire que l’humain n’est pas parfait, il peut être pressé, il peut subir des pressions tout comme le colis. Le premier objectif c’est qu’on donne à nos clients, on offre à nos clients un emballage qui va être sûr, qui va durer tout au long du processus d’expédition afin que la marchandise qui est à l’intérieur arrive intacte à destination. Il y a aussi tout ce qui va être par exemple intempéries donc il va falloir aussi utiliser des cartons on va dire de bonne qualité qui n’ont pas été déjà utilisés également pour que ça puisse résister à toutes ces intempéries.

Et sur la durabilité pour rester dans le thème, il y a tout ce qui concerne également des emballages qui vont être adaptés à la typologie de marchandise. C’est à dire que les produits de calage qu’on va utiliser à l’intérieur du colis, on peut être les mêmes si par exemple on expédie je ne sais pas une pièce en métal pleine et un objet en céramique par exemple. On ne va pas apporter le même soin, on ne va pas utiliser les mêmes matériaux en fonction de la catégorie d’objet. Voilà où nos clients nous attendent aujourd’hui en tout cas sur cette partie durabilité en espérant avoir répondu correctement à votre question Laurène.

Laurène : Concrètement vous, quel est votre marge de manœuvre ? Quels sont les leviers qui vont être activables pour associer à la durabilité donc un emballage durable dans le temps, associer une notion de réduction aussi de l’empreinte carbone de vos activités et par votre conséquence de celle de vos clients ?

Sur l’empreinte carbone c’est vrai qu’on officie aussi dans un secteur d’activité on n’est pas très bien vu.

Laurène : Pas tant !

Michel : Non ça reste du transport. Il y a plusieurs leviers. Le premier levier par rapport au transport ça va être sur ce qu’on appelle la compensation carbone. En gros on paye à nos partenaires transporteurs des crédits qui vont être certifiés carbone, qui vont être remis dans des associations, qui vont soutenir ou des fonds qui vont soutenir des projets environnementaux internationaux ou nationaux en fonction du partenaire transporteur comme la préservation de la forêt amazonienne et puis on a besoin soit au Pérou ou au Brésil. Ou ça peut être par exemple le financement d’énergies renouvelables comme des parcs éoliens ou des parcs solaires et notamment il y a un de nos partenaires transporteurs qui a un programme pour financer les parcs solaires en Inde.

C’est ce genre de choses déjà la première étape vis-à-vis des partenaires transporteurs. Ensuite ce qui est mis en place aussi beaucoup par ces partenaires transporteurs c’est le premier et dernier kilomètre avec l’électrique notamment ou avec les biocarburants qui sont de plus en plus présents et ça enfin vous regardez autour de vous, vous regardez le livreur qui vient vous livrer, très souvent ça va être soit un véhicule hybride soit un véhicule qui va être électrique ou utilisant des biocarburants. Il y a aussi un autre levier sur la partie transport c’est de privilégier les livraisons dans des points de dépôt ce qu’on peut appeler des points relais par exemple. Pourquoi ? Parce qu’on va massifier les colis au lieu que ça aille chez vous Laurène directement, ça va aller avec plusieurs autres clients et forcément ça réduit aussi l’impact carbone.

Ça c’est sur la partie transport. Ensuite sur la partie emballage, nous aujourd’hui on met un point d’œuvre à pousser aussi notre réseau de plus de 100 centres en France à utiliser des matériaux qui vont être recyclés ou recyclables. C’est pour ça que 86% des commandes qu’on a effectuées en 2025 avec Raja notamment étaient principalement des produits recyclés ou recyclables. Ce qu’on a fait également et ce qu’on met en avant auprès de nos clients, c’est un truc tout bête donc pour fermer un colis il faut de l’adhésif en règle générale sinon le colis reste ouvert. Avant on utilisait beaucoup de ce qu’on appelle de l’adhésif polypropylène, c’est ça donc c’est de la colle en fait, enfin c’est plastique, ce n’est pas bon. Aujourd’hui avec Raja on a beaucoup poussé sur l’adhésif kraft qui lui en termes d’impact va être moins nocif que le polypropylène donc est moins toxique et donc là on pousse aussi beaucoup puisque aujourd’hui 80% maintenant des adhésifs qu’on achète auprès de Raja sont des adhésifs kraft et donc c’est quelque chose qu’on essaye de pousser.

Je vous ai dit 80% il reste encore 20% à convaincre. Aussi ce qu’on a fait et ce qui a beaucoup évolué ces cinq six dernières années, lorsqu’on calait les produits dans les colis, on utilisait beaucoup de calages plastiques donc du film bulles, du film mousse par exemple ou des poches d’air plastique même si aujourd’hui il y a beaucoup de plastique qui est recyclé mais nous on essaye vraiment de pousser le côté calage carton. Ça va être des frisures, ça va être des alvéoles carton par exemple comme une grande enseigne suédoise qui l’utilise lorsque vous recevez vos meubles. C’est ce genre de matériel et de matériaux qu’on met en avant maintenant dans le calage des marchandises qui sont dans les colis. Il y a cette notion de calage mais il y a aussi cette notion peut-être aussi d’adapter le colis à son produit.

Laurène : Je refais le lien avec le transport tout à l’heure. Est-ce qu’il y a un sujet de réduction du vide aussi qui est prégnant chez vous ?

Michel : Tout à fait. Pour le premier motif en fait c’est lié à la facturation. Tout simplement, plus un colis va prendre de l’espace dans un camion, plus ça va coûter cher à nos clients. Notre objectif, ce qu’on appelle le poids volumétrique, c’est de réduire ce poids volumétrique le plus possible et que l’emballage soit adapté en fait au produit qui est expédié. Ça ne sert à rien de recevoir un produit qui va faire 10 cm dans un carton qui en fait 20. Je pense qu’on l’a tous vécu. Oui. On a tous vécu l’énorme carton pour un tout petit produit. Exact. Et moi aussi à titre perso je l’ai vécu. Pour l’anecdote, j’ai commandé une carte cadeau à ma sœur il y a quoi ? Il y a trois ans à peu près. Et en fait je reçois un carton qui faisait à peu près 30 cm de long et 5 cm d’épaisseur. Je me suis trompé dans la commande. J’ai dû lui commander je ne sais pas un haut ou quelque chose. Et non, c’était bien la carte cadeau qui était à l’intérieur. Et ça en fait ce n’est pas possible aujourd’hui d’avoir une carte cadeau dans un carton de 30 cm et qui fait 5 cm de hauteur. Notre but premier quand même c’est qu’on ait un emballage adapté à la marchandise et pour que la marchandise arrive en bon état aussi, ce qui est préconisé c’est d’avoir une distance entre l’objet et le carton qui est de 5 cm. Entre l’objet et le carton il faut du calage de 5 cm. On ne peut pas doubler la surface d’un carton par rapport à la surface de la marchandise. Clairement d’un point de vue écologique et d’un point de vue financier ce n’est pas possible.

Laurène : Tout à l’heure vous parliez aussi de recyclabilité. Vous travaillez également sur le réemploi de vos emballages. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur le sujet ?

Michel : C’est vrai qu’on essaye de travailler sur le réemploi. Ce n’est pas évident. Pourquoi ? Parce que je disais tout à l’heure un colis qui est expédié vers l’international subit en moyenne 10 manipulations. Il arrive, le colis est un peu fatigué, il en a pris un peu partout, il a subi des hausses et des baisses de température. Ce n’est pas un sujet qui est évident pour nous. Notre but déjà premier, comme je le disais, c’est d’utiliser des matériaux recyclés et recyclables. Et pour que le destinataire, qui est souvent chez nous c’est 80%, c’est du BtoC aussi, donc un consommateur comme vous et moi, va pouvoir réutiliser pour titre personnel.

Je ne sais pas, ça peut être un déménagement, ça peut être des vêtements qui ne vont plus et qu’on va vendre sur une place de marché, ou des jouets de son enfant qui n’utilise plus et qu’on va revendre aussi sur une place de marché. Ça c’est le but premier j’ai envie de dire. C’est à la base d’utiliser des bons emballages, donc nous au minimum c’est ce qu’on appelle de la double cannelure, donc c’est un peu épais, et qu’on va adapter en fonction de la marchandise pour que le destinataire final puisse le réutiliser. Ensuite, à titre d’exemple, dans notre réseau on a une spécialité, c’est l’expédition de vin et d’alcool en France, en Europe et à l’étranger. Et lorsque nos centres vont chez leurs clients qui ont été producteurs et récupèrent des caisses de vin, des caisses de champagne ou autre alcool, on ne peut pas expédier l’alcool dans ces caisses d’origine.

Pourquoi ? Parce que vous êtes sûr à 100% que votre alcool arrive cassé, émietté, et puis tout un problème ensuite pour nos partenaires transporteurs. Se pose le problème d’avoir tous ces cartons et ces alvéoles avec lesquels on ne peut rien faire. Certains d’entre eux, ce qu’ils ont fait, ils ont acheté un matelasseur, donc en gros c’est une grosse machine qui permet de déchiqueter le carton. Il passe ces cartons dans le matelasseur et ses alvéoles, ce qui permet d’avoir un calage interne en carton qui vont du coup recycler pour d’autres marchandises ou même pour les bouteilles de vin. Ce sont un peu les actions qu’on essaye de mettre en place, en tout cas à notre niveau. On arrive déjà à la fin de notre échange, je pense qu’on aurait pu continuer plus longtemps. On va ouvrir un peu sur notre troisième épisode qui portera sur l’innovation au regard de tout ce qu’on vient de se dire.

Laurène : Vous venez de parler par exemple d’une machine, du matelasseur, quelles innovations, que ce soient des innovations des engins ou digitales, ou je ne sais quel sujet, quelles innovations pourraient concourir demain à développer encore davantage la responsabilité environnementale, la notion de durabilité au sein de MBE ?

Michel : De mon point de vue, il y a deux défis, enfin il y en a plusieurs bien entendu, mais il y en a deux que je vois comme ça, qui englobent l’aspect logistique. La première, ça va être sur la transition énergétique, j’en ai parlé tout à l’heure, des moyens de transport. L’objectif, c’est quand même de se substituer aux énergies fossiles par des alternatives qui vont être plus vertes. On entend, il y a beaucoup d’avancées, donc quand je dis des alternatives plus vertes, ça va être les biocarburants bien entendu, l’électrique et aussi l’hydrogène dans une moindre mesure.

Vous avez certaines compagnies aériennes qui sont en train d’étudier pour le kérosène, de mixer avec des huiles de friture par exemple aussi, qui permettraient de réduire l’impact. Mais c’est un domaine sur lequel il y a encore beaucoup de choses à faire, il y a eu des avancées, il y a encore beaucoup à faire de la part des différents acteurs du marché. L’autre point, c’est sur l’économie circulaire des emballages et ça c’est compliqué. La traçabilité et la transparence du recyclage des déchets carton et papier aujourd’hui, en tout cas c’est un point de vue qui m’est personnel, pour le consommateur reste amélioré. Moi, à partir du moment où je jette tous mes cartons et Dieu sait s’il y en a, beaucoup de plastique dans ma poubelle jaune, je ne sais pas exactement ce qu’ils en font. Je pense qu’il y a quelque chose à améliorer sur la transparence et la véritable innovation serait aussi de développer, donc là je m’adresse aussi à Raja, des emballages conçus pour avoir plusieurs cycles d’expédition où l’emballage qui arrive chez le destinataire ne va pas être utilisé pour la revente de vêtements ou d’objets sur des places de marché ou des déménagements par exemple, mais pour réexpédier de la marchandise, si on fait un retour par exemple.

Ce qui est déjà le cas, mais quand votre colis, quand votre emballage arrive chez vous, il est un peu abîmé. Le réutiliser, vous avez un risque que votre marchandise en retour arrive abîmée et donc je pense qu’il y a quelque chose à faire pour avoir des emballages qui soient plus solides et aussi avec un réseau de points de collecte, par exemple, dédiés, se dire « tiens Laurène, vous avez reçu, je ne sais pas, votre colis que vous avez commandé sur un site e-commerce, ma céramique », votre céramique par exemple et votre céramique a un défaut et dans ces cas-là, vous pouvez remettre dans le carton très simplement et le remettre dans un point de collecte dédié pour que ça reparte chez le commerçant ou parfois en tant que particulier, on a aussi une activité professionnelle et réutiliser ces cartons pour son activité professionnelle.

Pour moi voilà, il y a deux défis, il y en a plein d’autres, mais je pense que c’est deux défis qui sont majeurs aujourd’hui par rapport à l’écosystème dans lequel en tout cas MBE évolue.

Laurène : Et bien en tout cas pour le dernier, je ferai passer le message à notre partenaire.

Michel : Merci Laurène.

Laurène : Merci à vous pour ces explications et à bientôt. Merci pour votre temps. A bientôt, au revoir.

Retrouvez notre série de podcast « Optimiser l’emballage » :

A propos de l'auteur

Marion De herder: Je suis Responsable marketing social media et contenu chez RAJA avec 17 ans d’expérience dans les secteurs de l’énergie, de l’aérien et de la bancassurance. Spécialisée en stratégie éditoriale et social media, je conçois et pilote des dispositifs de contenu performants au service de la visibilité et des objectifs business.
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